Nicolas Audebert, directeur général des vignobles Chanel, se classe parmi les 9 meilleurs vignerons de France
L’univers du vin français regorge de talents, mais peu parviennent à conjuguer tradition et innovation de manière aussi magistrale que Nicolas Audebert. Ce dernier, fort de ses 30 ans d’expérience dans le monde viticole, dirige avec brio plusieurs propriétés emblématiques, dont les châteaux Rauzan-Ségla, Canon et Berliquet, ainsi que le domaine de l’Île en Provence. Avec cette immense responsabilité, il incarne une vision moderne et exigeante de la viticulture, alliant respect des terroirs et recherche d’excellence. Son parcours fascinant, parsemé de défis et d’opportunités, attire l’attention et suscite une grande curiosité, tant au niveau national qu’international.
Quels défis a-t-il relevés dans sa carrière ?
L’ascension de Nicolas Audebert dans le milieu viticole n’a pas été un long fleuve tranquille. Sa nomination en 2014 à la tête des domaines viticoles de la maison Chanel a marqué le début d’une nouvelle ère pour ces propriétés historiques. Ce responsable charismatique, qui arbore un look décontracté, a fait de la tenue de ses châteaux une véritable affaire d’État. En prenant les commandes de ces domaines, il a dû faire face à un héritage prestigieux tout en recherchant des moyens novateurs pour répondre aux exigences d’une clientèle toujours plus avertie.
Pour Audebert, la passion pour le vin est indissociable de son engagement envers la terre. En tant qu’œnologue et ingénieur agronome, il mène ses équipes avec détermination à travers des choix audacieux, comme la transformation des processus viticoles. Cela implique un travail acharné au quotidien, aux côtés de vignerons apportant leur savoir-faire, et l’analyse constante des résultats en cave.
Comment Nicolas Audebert a-t-il préservé l’héritage des vignobles Chanel ?
Avec son ascendant sur des domaines chargés d’histoire, Audebert comprend l’importance de transmettre les valeurs des vignobles de Chanel tout en étant attentif aux évolutions du marché. Son expérience, notamment dans des maisons renommées comme Krug et Cheval des Andes, lui a conféré un regard aiguisé sur les pratiques qui favorisent l’épanouissement des terroirs. Il ne se contente pas de produire du vin, mais aspire à créer une véritable identité pour chacun de ses crus. Chaque bouteille devient ainsi le reflet d’un lieu, d’un climat et d’un savoir-faire unique.
Les décisions qu’il prend, qu’il s’agisse d’acquérir de nouveaux terres ou d’explorer des cépages parfois méconnus, sont guidées par une volonté manifeste de conjuguer innovation et tradition. C’est ce qu’il appelle un équilibre entre terre et ciel, où chaque aspect du processus vinicole est minutieusement considéré.
Quelles sont ses méthodes pour promouvoir l’excellence des terroirs français ?
Pour Audebert, la notion d’excellence des terroirs est omniprésente. L’homme s’implique à fond dans la gestion attentive de ses vignobles. La sélection rigoureuse des raisins, les interventions manuelles lors des vendanges et une approche respectueuse de la nature sont autant de pratiques qu’il met en avant. À travers ce processus, il s’assure que chaque vin produit soit une véritable célébration des caractéristiques uniques de son terroir.
En innovant dans ses méthodes de vinification, notamment par l’utilisation de techniques modernes tout en respectant les traditions, Audebert donne une nouvelle perspective à la viticulture bordelaise. Il ne se contente pas d’une simple adaptation; il réinvente son approche tout en s’engageant à préserver l’harmonie avec la nature. Cette philosophie est en phase avec les attentes des consommateurs d’aujourd’hui, toujours en quête de transparence et d’authenticité.
Qui l’inspire dans son parcours ?
La réussite de Nicolas Audebert repose également sur une constante quête d’inspiration. Il s’entoure de mentors, de vignerons chevronnés et de consommateurs passionnés. Chacune de ses interactions lui permet d’apprendre et d’élargir ses horizons. Il évoque souvent l’importance des échanges enrichissants avec ses pairs pour évoluer dans sa pratique. Avec cette vision, il transforme chaque conseil reçu en éléments concrets, faciles à appliquer sur le terrain.
Son respect pour les petits vignerons, qui élaborent des vins de qualité à des prix abordables, en dit long sur son humilité et sa reconnaissance de l’effort collectif. Pour lui, le véritable succès se construit avec d’autres, et ce lien entre la terre et les hommes est déterminant dans la création de vin d’exception.
Quelle vision pour l’avenir de la viticulture ?
En regardant vers l’avenir, Nicolas Audebert reste fermement ancré dans ses valeurs. La viticulture, selon lui, doit allier tradition et innovation pour répondre aux défis du 21ème siècle. Cela inclut une sensibilité accrue aux enjeux environnementaux et une adaptabilité face à un environnement en constante mutation. Les pratiques durables deviennent ainsi un axe central de sa stratégie, que ce soit par une viticulture bio ou l’utilisation de techniques peu intrusives pour le vin.
La production de vin ne doit pas seulement être une recherche de profits. Audebert encourage une approche plus humaniste et respectueuse des ressources, et il insiste sur le fait que les familles viticoles doivent se sentir solidaires, unies dans une même lutte pour l’excellence. Le vigneron de demain devra, selon lui, avoir conscience de son rôle social et environnemental, tout en continuant à proposer des vins de grande qualité.
Source: avis-vin.lefigaro.fr



