Le lent désamour des Français pour le vin
La viticulture, qui représente l’une des fiertés de la culture française, est confrontée à une baisse continue depuis environ cinquante ans, une tendance qui semble s’accélérer.
Le phénomène du « Dry January« , où les gens s’abstiennent de boire de l’alcool pendant le mois de janvier, importé d’outre-Manche il y a seulement cinq ans, contribue à renforcer cette tendance. Ce concept gagne progressivement en popularité, ce qui préoccupe grandement les viticulteurs français.

Le succès du Dry January en France
Alors que l’industrie viticole s’inquiète de la montée de la sobriété, certains en tirent profit, comme Augustin Laborde, propriétaire de la cave parisienne Le Paon qui boit, spécialisée dans les boissons sans alcool pour adultes.
Lors du dernier Dry January, il a remarqué une augmentation significative des ventes de vins sans alcool. Bien que cette tendance à la sobriété ne concerne qu’une minorité des Français, elle ne peut être ignorée dans un pays où la culture du vin est si profondément enracinée.
Le déclin de la consommation de vin en France
En réalité, la diminution de la consommation de vin en France n’est pas récente. Elle est constante, discrète mais indéniable. Au cours des soixante dernières années, la consommation de vin a chuté d’environ 70%, passant de plus de 120 litres par an et par habitant en 1960 à moins de 40 litres en 2020.
Cette tendance semble persister. En 2017, 10% de la population buvait encore au moins un verre chaque jour, un chiffre qui est tombé à 8% en 2021.
Les prévisions sur la consommation de vin à l’horizon 2035
Les vignerons français anticipent une importante perte de marché dans les années à venir. Selon un rapport de la Commission européenne, la production et la consommation de vin pourraient diminuer de 7% en Europe d’ici 2035. Ce chiffre est considéré comme une estimation optimiste, car il est possible que le déclin soit plus prononcé.
Ainsi, le pays du vin voit sa consommation diminuer d’année en année, s’orientant vers une tendance vers moins d’alcool voire vers la sobriété.
Ceci pourrait avoir un impact significatif sur l’industrie viticole française, incitant éventuellement les producteurs à élargir leur gamme de produits pour répondre à ces nouvelles demandes. Ces chiffres fournissent une indication précieuse sur les tendances de consommation et soulignent que les habitudes et les préférences des Français sont en constante évolution.
Source : Le Monde



